Jour 14 et 15
Bien reposé, nous repartons contre le vent qui ne faiblit pas et qui ne change toujours pas de direction.
C'est pas facile, mais on sent que le repos a fait du bien à nos muscles.
Nous descendons, façon de parler, vers le Sud, et les paysages commencent à changer. Ils restent encore des champs de blé, mais de plus en plus rarement, et les collines prennent une teinte ocre, parsemées de points verts.
Sur les bords de la route , des plantations de pommiers et d'amandiers, des fleurs...
On a prévu de s'arrêter à Sbiba, à 54km, une petite ville de 6000h, en espérant trouver un hébergement pour la nuit.
Ça avait bien marché avec la police la dernière fois, alors on a retenté le coup.
Ça été plus difficile, car malgré les nombreux coups de téléphone, ils n'arrivaient pas à nous trouver un endroit pour dormir.
Voyant que cela devenait compliqué, on leur a dit que l'on pouvait camper dans le petit jardin en face, avec notre tente. Autres coups de téléphone et puis on campe juste en face de la police. C'est pas un super endroit, mais on sera en sécurité...On les critique tout le temps ces policiers, mais pour le moment, nous, on s'en plaint pas!!!
On savait que le commissariat était à côté du minaret, mais on ne pensait pas que cela faisait autant de bruit. Difficile de dormir dans ces conditions même avec des boules Quies. Tant pis !
Le lendemain matin, on s'est aperçu que le jardin était celui d'un dispensaire pour jeunes enfants. Ça ouvrait à 8 heures, heureusement on avait été réveillés de bonne heure. Juste le temps de plier et de déjeuner et c'est parti.
On a réservé un hôtel à 40 km de là.
MIRACLE!!! Le vent a tourné, on l'a dans le dos.
C'est la première fois depuis 10 jours, c'est bien. 6 ou 7 kilomètres après le départ, une voiture de la Garde Nationale nous double, ralenti, nous redouble, s' arrête et nous demande de nous arrêter. Oui allez vous? Français ? D'où venez vous ?
On va vous accompagner. Une autre voiture va arriver de Sbeïtla. C'est dangereux ici. A cause de la frontière. Oui.
On a discuté un peu, il y a un policier et une policière, très sympas, mais on peut pas refuser.
Et donc ils nous accompagnent, un coup devant, un coup derrière, où ils créent une file de voitures et camions qui n'osent pas doubler.
A nous, cela nous mets la pression, on accélère pour s'en débarrasser au plus vite.
18 kilomètres heure de moyenne sur les 38 km. Du jamais vu pour nous et encore moins avec les bagages.
Ouf on est arrivé à l'hôtel des jeunes ( ça s'invente pas). Accueil très sympathique et dans un français impeccable. C'est sobre et propre. Une cour centrale avec les chambres de chaque côté. Bleu et blanc, comme à Sidi Bou Said nous dit la propriétaire.
En plus, ce soir, il y avait un restaurant ouvert.
C'était pas génial, mais on était au chaud.
Et maintenant dodo.




